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Mad Max: le film d’action féministe

  • Published in Cinéma



Quatrième opus d’une saga débutée il y a plus de 30 ans, Mad Max : Fury Road est la véritable surprise féministe du printemps cinématographique 2015. Contre toute attente, le blockbuster bouscule avec violence les stéréotypes de genre si chers à Hollywood. Le héros ? Une héroïne : Imperator Furiosa (Charlize Theron). Mad Max (Tom Hardy) ? Présent, mais son rôle reste secondaire. Le fil rouge de l’action post-apocalyptique ? L’esclavage sexuel et l’objectification des femmes.

Les épouses captives du tyran Immortan Joe, dont le rôle est de mettre au monde des héritiers mâles, se révoltent contre l’utilisation de leur personne et fuient la Citadelle à l’aide de Furiosa. Cette dernière, pilote d’un camion militaire, dissimule les fugitives dans le véhicule et orchestre l’évasion. Le plan de Furiosa découvert, Immortan Joe lance ses hommes, les War Boys, à la poursuite du convoi. Une folle course à travers les terres arides démarre alors.

Si Mad Max, embarqué suite à de nombreuses péripéties aux côtés de Furiosa, finit par prêter main forte aux rebelles, il n’en devient pas pour autant le héros de l’histoire. Loin de tomber dans les clichés sexistes des films d’action traditionnels, Mad Max : Fury Road laisse aux personnages féminins le soin de prendre leur propre destin en main.

George Miller ne se contente cependant pas de mettre en scène des femmes qui combattent mieux que des hommes. Le réalisateur, qui a fait appel à l’auteure des Monologues du vagin, Eve Ensler, pour s’entretenir avec les acteurs et actrices sur les violences faites aux femmes, va bien plus loin. A travers une œuvre de science-fiction, il parvient à dépeindre les dangers et les horreurs d’un ordre patriarcal extrême. Ainsi, au lendemain de l’apocalypse et de l’effondrement de la civilisation, la plus grande menace pour la femme n’est autre que l’homme.

En outre, les fugitives ne cherchent pas à simplement fuir : elles ont une destination. Elles roulent vers une terre verte et abondante, décrite comme un eldorado matriarcal. La violence du patriarcat dépeint par Miller est alors accentuée lorsque les épouses et Furiosa découvrent avec douleur que la tribu a été décimée, et que seules quelques femmes ont survécu.
 
Enfin, les conséquences néfastes de l’organisation masculine du royaume d’Immortan Joe ne sont pas présentées comme limitées à la population féminine. Le peuple dans son ensemble est en effet délibérément privé d’eau, et lutte pour survivre en plein désert sous quelques cartons. Ce même peuple exulte à l’instauration d’un ordre nouveau, lors du retour victorieux des fugitives et la mort du tyran. George Miller lie ainsi la libération des femmes à la libération populaire. 

Mad Max : Fury Road ne tombe cependant pas dans le piège manichéen qui voudrait faire de tout homme un ennemi. Si les personnages de Mad Max et du War Boy repenti Nux contrebalancent la noirceur masculine mise en scène tout au long du film, l’adhésion presqu’immédiate des garçons et hommes de guerre à l’ordre nouveau parachève le travail de nuance en soulignant le concept de rédemption.

Vous l’aurez compris, Mad Max : Fury Road est un film d’action comme on n’en a jamais vu.

Photo © Image extraite du film